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Pourquoi devrait-on se préoccuper de la santé des médecins?
Pourquoi en effet devrait-on se préoccuper de la santé des médecins? En tant que groupe, les médecins nord-américains adoptent un mode de vie plus sain que nos patients et bénéficient de taux de mortalité qui sont même inférieurs à ceux de nos patients de statut socio-économique élevé. Malgré cette situation enviable, la promotion de la santé des médecins demeure importante car il existe un lien solide et constant entre l’hygiène de vie des médecins et les questions qui font l’objet de discussions avec nos patients.
Les résultats sont éloquents et en voici quelques exemples (voir l’astérisque ci-dessous pour de plus amples renseignements à ce sujet, ainsi que la référence). En premier lieu, au regard de la mortalité, nous avons démontré à la suite d’une étude comptant plus de trois millions de sujets masculins (résultat tiré de la banque de données de la U.S. National Occupational Mortality Surveillance, de 1984 à 1995) que les médecins vivent plus longtemps (l’âge moyen lors du décès est de 73 ans) que les avocats (72 ans) et que tous les professionnels regroupés (71 ans), ainsi que les hommes dans la population en général (70 ans). 2 Nous avons, de même que d’autres chercheurs, souligné le fait que les médecins de sexe masculin et féminin, aux États-Unis et au Canada, ont un mode de vie plus sain que celui de nos patients surtout en ce qui a trait aux principaux déterminants de la santé tels que l’usage du tabac, la consommation d’alcool, le régime alimentaire et l’exercice.
Et nous avons par ailleurs démontré que les patients s’intéressent aux habitudes de vie des médecins : les patients qui ont visionné une vidéo sur le régime alimentaire et la mise en forme ont trouvé que le médecin était plus crédible et motivant lorsqu’il leur révélait ses propres habitudes en matière de santé.
Mais avant tout, les médecins qui ont adopté un mode de vie sain sont plus susceptibles de discuter de mesures préventives avec leurs patients. L’une des premières grandes études à ce sujet (dont le nombre de participants s’élevait à 2 610) a révélé que les internistes qui pratiquaient une activité physique étaient plus disposés à renseigner leurs patients sur l’exercice physique, ceux qui bouclaient leur ceinture de sécurité en recommandaient l’usage et ceux qui ne fumaient pas encourageaient leurs patients à cesser de fumer. Notre étude américaine portant sur la santé des médecins de sexe féminin a relevé des liens semblables entre leur mode de vie et la probabilité de conseiller leurs patients à propos de l’alimentation, de l’exercice, de la consommation d’alcool, de l’usage du tabac, des examens des seins, de la prévention du cancer de la peau, du vaccin antigrippal et de l’hormonothérapie. Notre étude canadienne sur la santé des médecins (après l’avoir passée en revue) illustre un solide lien très semblable entre le mode de vie des médecins canadiens et leurs pratiques cliniques. En dernier lieu, notre étude comptant 2 316 étudiants américains en médecine a également démontré qu’il y a une forte corrélation entre leurs habitudes en matière de santé, la fréquence à laquelle ils prodiguent des conseils dans ce domaine (p<0,0001) et la perception du bien-fondé de ceux-ci (p=0,008).
Toutefois, la constatation la plus importante qui ressort de notre étude est le fait que nous avons appris que nous pouvons « cultiver » des étudiants en médecine qui adopteront un mode de vie sain et qui seront, par conséquent, plus susceptibles de conseiller leurs patients en matière de prévention; la fréquence à laquelle ils prodiguent des conseils (p=0,002) et la perception du bien-fondé de ceux-ci (p=0,0007) sont liées de façon positive à la fréquentation d’une école qui encourage un mode de vie sain.
Malheureusement, malgré que ce soit une hypothèse raisonnable, la preuve n’a pas encore été établie à l’effet que nous pouvons former (et de quelle façon nous pouvons former) des médecins qui adopteront une hygiène de vie saine, ce qui en retour, se répercutera de façon positive sur les patients. Il serait intéressant de se pencher sur cette question dans le cadre d’une recherche et j’aimerais (en compagnie d’autres personnes du milieu de la recherche sur la santé des médecins) collaborer avec des systèmes de santé qui seraient intéressés à examiner et à mettre à l’essai les effets relatifs à la promotion de la santé des médecins.
RÉFÉRENCE
*Cet article est un résumé et une mise à jour d’un bref rapport intitulé « Physician Health and Patient Care » JAMA. 2004;291: 637, http://jama.ama-assn.org/cgi/content/full/291/5/637








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