Working together to make health workplaces healthier

ÉCHANGE DES CONNAISSANCES

DEMANDEZ À UN CHERCHEUR

Dr Marlene Smadu, IA, EdD, doyenne associée, Southern Saskatchewan Campus and International Student Affairs, College of Nursing, University of Saskatchewan

Question : On a déjà effectué beaucoup de recherche pour décrire des milieux de travail de grande qualité dans le secteur des soins de santé. Pourquoi ne pas mettre en pratique le fruit de ces recherches?

Le défi de transposer les connaissances découlant des recherches dans la pratique en est un de longue date dans le domaine des soins de santé. On cite fréquemment l’exemple de la vitamine C : après que celle-ci ait été reconnue en matière de prévention du scorbut, il a fallu 17 ans pour qu’elle soit consommée sur les bateaux qui traversaient les océans. Nous appliquons tous certaines pratiques, auxquelles on fait parfois allusion comme étant nos « vaches sacrées », qui probablement ne sont fondées sur aucune donnée probante, et qui devraient être remplacées ou supprimées si nous mettions en œuvre les résultats de la recherche actuelle. Nous devons relever les mêmes défis lorsque nous tentons de changer et d’améliorer les milieux de travail dans le secteur des soins de santé, ainsi que de les rendre plus sains, plus productifs, plus sécuritaires et plus attrayants pour les prestateurs et les clients. Bref, nous avons maintenant amassé de nombreuses données qui nous indiquent la marche à suivre, alors, pourquoi certains milieux de travail dans les soins de santé ne sont-ils pas sains?

En 2004, le Programme de recherche sur la politique en matière de santé de Santé Canada offrait des possibilités de financement aux chercheurs qui tentaient de déterminer si la recherche et les documents actuels, y compris les études commandées par le gouvernement qui sont liées à la création de milieux de travail de grande qualité dans le secteur des soins de santé, sont utilisés en vue d’améliorer les milieux de travail en santé. Au sein d’une équipe de recherche multisectorielle et interprofessionnelle, composée de membres provenant de divers organismes, j’ai obtenu l’une des subventions accordées pour examiner la création de milieux de travail de grande qualité dans le secteur de la santé en Saskatchewan. L’étude comptait plusieurs parties et vous pouvez consulter le résumé du rapport présenté à Santé Canada et au Saskatchewan Health (ce dernier a également contribué au financement) en visitant le site suivant : http://www.hc-sc.gc.ca/sr-sr/finance/hprp-prpms/results-resultats/2006-smadu-eng.php.Pour répondre à la question ci-dessus, il est également intéressant de se pencher sur les constatations se rapportant au fait de connaître et d’utiliser un certain nombre de documents (Comité consultatif des ressources humaines en santé, 2002; Backman, 2000; Bauman et coll., 2000; gouvernement de la Saskatchewan, 2001; Koehern et coll., 2002; Saskatchewan Health, 2003) qui étaient offerts à ce moment pour appuyer le développement de milieux de travail de grande qualité. Ces documents étaient en général peu connus des participants à l’étude; le document qui s’est avéré le plus connu était le plan d’action de la Saskatchewan en matière de soins de santé (du gouvernement de la Saskatchewan) qui a été publié en 2001. Celui-ci était accompagné de la mise en oeuvre de certaines politiques pour soutenir les recommandations (par ex., la mise sur pied du Saskatchewan Health Quality Council).

Durant les rencontres des 23 groupes de discussion auxquelles ont participé plus de 200 prestateurs de soins de santé provenant des quatre coins de la Saskatchewan, il est devenu apparent pour l’équipe de recherche que bon nombre des participants étaient intéressés à connaître les recommandations issues de la recherche et des rapports, et qu’ils souhaitaient également discuter de la façon dont cette recherche correspondait à ce qu’ils avaient tiré de leurs propres expériences dans leurs milieux de travail. Il était clair qu’ils désiraient également partager leurs expériences et contribuer aux solutions visant l’amélioration des milieux de travail.

Dans le cadre de notre recherche, nous avons appris combien il est important d’écouter ceux et celles qui participent tous les jours au milieu de travail et de leur permettre de prendre part aux solutions proposées afin qu’ils puissent contribuer à l’amélioration de leur milieu de travail. Cette façon de procéder prend du temps et fait appel à la disponibilité des personnes concernées. Bon nombre des projets qui ont réussi à améliorer la qualité des milieux de travail dans le secteur de la santé, tel que l’article rédigé en janvier par le Dr Debra Bourne sur le projet 80-20 et le projet intitulé Releasing Time to Care: The Productive Ward, qui est actuellement mis en oeuvre en Saskatchewan, ont fait en sorte que le personnel a eu le temps, les outils, les occasions et la formation nécessaires pour créer de meilleurs milieux de travail pour le personnel et les patients. Nous avons aussi appris qu’il est important que les organismes non seulement divulguent et partagent l’information, mais qu’ils s’occupent également de sa gestion pour qu’elle soit facilement accessible, crédible et actuelle. Les chercheurs doivent examiner une gamme de stratégies de divulgation de l’information dans le but d’appuyer le transfert des connaissances à un éventail de personnes qui utilisent les résultats de la recherche en santé. Les rapports et les livres qui s’empoussièrent sur les tablettes ne sont d’aucune utilité pour les prestateurs très occupés qui ont besoin d’information et d’idées à portée de la main. Des sites Web crédibles, l’intranet, de brèves mises à jour, des liens pour vidéo, des fichiers balados, sont autant de façons de rendre accessibles et faciles à mettre en oeuvre les donnés probantes de la recherche.  

Nous avons également appris qu’il existe des moyens pratiques de mettre sur pied des réseaux d’échange de connaissances où ceux et celles qui souhaitent améliorer leurs milieux de travail peuvent échanger de l’information et leurs expériences, participer à l’élaboration de questions qui seront traitées par la suite, ainsi que tout au long du processus de recherche, puis jouer un rôle crucial dans la mise en oeuvre des recommandations.

En dernier lieu, nous avons appris que la création de milieux de travail de grande qualité dans le secteur des soins de santé ne repose pas sur « les autres » et que nous ne pouvons nous attendre à ce « qu’ils » s’attellent à la tâche. Nous devons donc nous assurer d’offrir des occasions à tous ceux et celles qui participent à ces milieux de travail de s’engager de façon active dans l’amélioration de ces derniers.

 

Références

COMITÉ CONSULTATIF DES RESSOURCES HUMAINES EN SANTÉ (2002).         « Notre santé, notre avenir : un milieu de travail de qualité pour les infirmières canadiennes : Rapport final du Comité consultatif canadien sur les soins              infirmiers. » Rapport du Comité consultatif canadien sur les soins infirmiers. Ottawa, Ontario : Santé Canada.

BACKMAN, A. (2000). Job satisfaction, retention, recruitment and skill mix for a sustainable health care system: Report to the Deputy Minister of Health for Saskatchewan. Regina, Saskatchewan : Saskatchewan Health

BAUMANN, A. et coll. (2001). « Commitment and Care: The benefits of a healthy workplace for nurses, their patients and the system. A policy synthesis. » Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé et la Change Foundation. Ottawa, Ontario. 

GOUVERNEMENT DE LA SASKATCHEWAN (2001).  Action Plan for Saskatchewan Health Care.  Regina, Saskatchewan : Auteur.

KOEHORN, M. et coll. (2002). « Créer des milieux de travail de haute qualité dans le secteur de la santé. » Document de travail. Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques. Ottawa, Ontario.

 

SASKATCHEWAN HEALTH (2003). « A progress report on Saskatchewan’s nursing strategies: The Action Plan for Saskatchewan Health Care », mise à jour : juillet 2003. Regina, Saskatchewan : Auteur.